CLEF Coordinationdes lectrices et lecteurs de français
en Allemagne

 
Avenir des études de français en Allemagne
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Les études de français en Allemagne traversent une crise depuis quelques années. Il est grand temps d'en faire un inventaire pour envisager de réagir.


 
 

Michèle Creff, Düsseldorf
 
Je pense que tu n'es pas du tout trop pessimiste dans ton jugement sur l'évolution de la Romanistik. 
À Düsseldorf, depuis déjà bien longtemps, nous n'étions plus que deux lectrices après que le troisième poste avait été utilisé à une autre fin et remplacé par des Lehraufträge. Ces Lehraufträge (12 heures)nous étaient une aide bien précieuse. Maintenant ils viennent d'être supprimés. Nous abordons le nouveau semestre avec beaucoup d'anxiété. Comme on peut se l'imaginer, la surcharge de travail va être énorme, d'autant plus que nous mettons en place de nouvelles filières bachelor et master avec de nouveaux types de cours. Inutile d'attendre de l'aide au sein du séminaire. Vous connaissez tous assez bien la situation dans vos universités respectives. La "Sprachpraxis" a toujours été le parent pauvre (matériellement et idéologiquement) de la Romanistik. Par ailleurs nos collègues allemands sont actuellement, eux aussi soumis à toutes sortes de pressions. Difficile d'attendre d'eux quelque geste de solidarité, difficile également de leur en vouloir.
Même chose en ce qui concerne les étudiants. Ils sont très inquiets sur leur avenir, déconcertés par tous les changements structurels dans les filières.
C'est pourquoi je pense qu'il nous serait tout à fait utile de nous concerter, d'échanger des expériences, de savoir comment les uns et les autres font face à cette inquiétante dégradation.  

Isabelle Vacher, Leipzig

Je peux parler de la situation a Leipzig. Nous ne disposons que d'un 1/2 poste de lecteur et de 2x 10 heures de chargés de cours. La situation est sans espoir
quant a l'ouverture d'un autre poste de lecteur ou d'un demi-poste...
Michèle Rothacker, Heidelberg
Voilà encore quelques précisions désolantes sur la situation de la section française (entre autres) à 
l'institut de traduction de Heidelberg. Nous attendons 80 débutants la semaine prochaine et avons environ 150
étudiants avec le français comme première ou deuxième langue; or, le poste du lecteur parti à la retraite il y
a un an a été supprimé ainsi qu'un certain nombre d'heures de chargés de cours. Nous ne sommes donc plus
que deux postes complets (le mien et les deux demi-postes de Brigitte Frelet et Cahterine Unseld) pour assurer les
cours à tous les niveaux, y compris ceux de traduction technique. Du côté des collègues allemands, ce n'est
guère mieux avec la perspective d'une suppression de poste au plus tard au semestre d'hiver prochain. La
situation de tout l'institut est d'autant plus préoccupante que notre chef, le Professeur Albrecht,
vient de partir à la retraite; il était le seul C4 et il n'est pas question encore de pourvoir le poste - qui sera
de toute façon bloqué durant au moins 6 mois comme tout poste devenant vacant - et transformé d'office en C3. Son
remplacement n'a été demandé qu'à la fin juillet, soi-disant en urgence, alors que la situation était connue de
tous et prévisible. Bref, rien n'est encore décidé, mais nous devinons l'issue.....Bravo la chienlit pour la
rentrée!
Par ailleurs, le poste de professeur C3 de la section espagnole n'est toujours pas pourvu au bout de presque
deux ans de mise au concours; on a l'impression que c'est un véritable parti pris du ministère qui a refusé de
nommer la candidate arrivée en tête sur la liste - pour des raisons très fumeuses - tout en rayant de cette même
liste les deux autres candidates. Mais il y a plus fort encore: le poste de professeur de la section portugaise
n'a été pourvu que pour deux ans et sera supprimé après.
Je termine ce tableau "rassurant" en précisant que la section néerlandaise n'existe déjà plus depuis trois
semestres et qu'elle a été fermée presque en catimini, sans que les enseignants en aient été avertis le moins du
monde.
Nous attendons depuis au moins un an l'entrée en vigueur des nouveaux cursus prévus par le processus de Bologne;
nous ne voyons toujours rien venir... Nous aurions de toute façon du mal à proposer ces cursus parallèlement
aux diplômes....
Est-ce que tout cela ne sent pas le démantèlement à plein nez?
Des bruits semblables nous étaient parvenus il y a un certain temps de l'institut de Saarrebruck; peut-être des
collègues pourraient-ils nous renseigner sur la situation là-bas?
Autant dire que nous n'avons pas vraiment le moral...


Christophe Bouyssi, Hanovre
 

Oui, c'est vrai, le Romanisches Seminar de l'université de Hanovre devrait disparaître. Il est question qu'il soit intégré à la fac de Fachübersetzung de Hildesheim, mais on dirait plutôt que c'est la fin définitive.
Il faut dire que les étudiants n'étaient pas satisfaits : très peu de cours en allemand, mauvaise organisation des matières obligatoires, profs et lecteurs/trices peu présents, sujets peu innovants voire inintéressants. Bref, il fallait vraiment n'avoir rien d'autre à faire pour étudier le français à Hanovre ! Si vous ajoutez à cela le manque de publications des Profs et une université très connue dans le voisinage (Göttingen), on voit voit que le ministère pouvait faire l'économie de cet institut.
Il est certain que le français se porte mal. Ou tout au moins qu'il est mal considéré. J'était hier au Salon du Livre à Francfort et la rédactrice d'une maison d'édition de livres d'enseignement de langues étrangères allait jusqu'à utiliser le mot "aussterben". Quand cela passe le canal médiatique des journalistes, de la presse et des médias, et retombe dans la bouche de Monsieur Tout-le-monde, on a au bout du compte une langue mal aimée, inutile, à l'enseignement démodé. Autant de bons arguments pour les ministres locaux qui veulent réduire les dépenses budgétaires.
 
En tout cas, les cours de français marchent très bien au Fachsprachenzentrum de l'Université de Hanovre, ainsi qu'au Sprachenzentrum de la Fachhochschule de Hanovre.

Dernière mise à jour le:  8 octobre 2004

 
 
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