Social, economic and political impact of financing SDG in Africa
Question principale de recherche
Comment et pourquoi des modes de financement distincts des ODD émergent-ils en Afrique, et quel est leur impact social, politique et économique ?
Résumé
Les Objectifs de développement durable visent une croissance économique soutenue, inclusive et durable ainsi qu'une réduction des inégalités au sein des États et entre eux (ODD 8 et 10). Une question pressante est de savoir comment financer les ODD. Jusqu'à présent, on peut distinguer deux approches du financement du développement : l'une étatique/publique et l'autre globale/privée. Dans les formes étatiques ou publiques, l'État intervient directement dans l'allocation du financement du développement par le biais d'institutions financières publiques, et indirectement par le biais de politiques bancaires et financières telles que le crédit dirigé vers des secteurs stratégiques, explicitement guidé par des priorités de développement et étroitement coordonné avec d'autres politiques macroéconomiques, y compris les politiques monétaires et fiscales. In contrast, global finance/private-led approaches put emphasis on the creation of SDG asset classes that can attract the trillions of global institutional investors, starting with infrastructure asset classes. This Maximising Finance for Development strategy, promoted by MDBs, the 3rd Addis Abeba Action Agenda of 2015 (UN 2015) and IFIs, has two pillars : the state redirects public resources towards derisking SDG asset classes constructed via public-private partnerships and undertakes structural reforms of local financial systems towards market-based finance to create the conditions for liquid local currency SDG assets.
Le modèle basé sur le financement privé a été fortement promu en Afrique, car on estime que les ressources domestiques potentielles sont trop faibles et doivent être complétées par un financement privé externe. La recherche explore comment et pourquoi des modèles distincts de financement des ODD émergent en Afrique, leur impact économique, social et politique potentiel, et quelles formes alternatives de financement du développement pourraient exister ?
Afin de répondre à ces questions en détail, le projet se concentre sur trois pays africains. Le Ghana, l'Éthiopie et le Maroc présentent des différences substantielles dans le degré de modes de financement public/public ou global/privé. La sélection des cas sera finalement décidée au cours du projet de recherche préliminaire appliqué.
Aims
- Poser les bases (conceptuelles et empiriques) d'une recherche comparative plus large analysant les impacts sociaux, économiques et politiques de différentes formes de financement du développement en Afrique.
- Approfondir et élargir les réseaux d'expertise en Afrique et au-delà, qui peuvent fournir des informations uniques sur les économies politiques africaines de la finance et du développement.
- Approfondir le lien entre le monde universitaire et d'autres organisations de la société civile en Afrique et au-delà, afin de développer des visions communes de la finance alternative du développement et du matériel éducatif sur le sujet (par exemple, des cours en ligne pour les OSC et les universités).
Portée
Le financement du GPN servira de fonds d'amorçage pour la rédaction d'une demande de financement plus large. Le projet de recherche envisagé est également conçu comme un suivi de l'atelier sur la finance mondiale et le développement, organisé par TWN en février 2019 à Accra, qui a rassemblé des chercheurs et des ONG d'Afrique et d'ailleurs (voir annexe). Dans le projet de recherche plus large prévu, plusieurs des collègues présents à l'atelier seront invités à se joindre, avec d'autres partenaires du GPN, afin d'avoir une perspective continentale et mondiale, de renforcer un partenariat mondial et donc de réaliser l'ODD 17.
Revue de littérature
Les modes de financement global/privé pour financer les ODD sont devenus centraux dans les discours sur le développement mondial. A quelques exceptions près, l'économie politique et les résultats potentiels en matière de développement n'ont pas encore été explorés dans la littérature, en particulier à travers un prisme d'analyse comparative qui dégage une typologie des modes de financement du développement. Ce projet, et la demande de financement plus large qu'il cherche à générer, vise à combler ce vide. Il se penche sur les pays africains, notamment parce que le continent est au centre des programmes et des discussions sur la finance mondiale/le développement privé.
La littérature sur la finance mondiale/le développement privé est largement critique à l'égard de la pression exercée pour maximiser le financement privé du développement. Elle pose les questions suivantes :
(a) les espaces politiques démocratiques très limités pour concevoir et mettre en œuvre des projets de développement, en mettant également l'accent sur l'éventail des nouvelles obligations déraisonnables que l'État est censé assumer afin d'attirer des financements privés dans les classes d'actifs SDG basées sur le PPP (Bayliss/ van Wayenberge 2018, Gabor 2020, Dafermos et al 2020), allant de la liquidité, du climat, de la demande aux risques sociaux et politiques incrémentaux les dangers de l'indebtedness publique (Gabor 2020, Aizawa 2017).
(b) les inégalités (sexuées) que ces partenariats peuvent accentuer au lieu de les résoudre, car le développement de classes d'actifs d'infrastructure basées sur des PPP, y compris les infrastructures (sociales), implique de nouveaux frais d'utilisation ou une augmentation de ceux-ci et donc une privatisation de facto de la fourniture de biens publics (Hermann 2014, Verdynck/ Romero 2017), et la priorité donnée aux projets d'infrastructure à grande échelle et générateurs de profits qui ont une évolutivité pour les classes d'actifs (CNUCED 2018, ch. IV). En outre, le financement privé des projets de développement renverse l'idée d'un financement public (basé sur l'impôt). Alors que l'imposition limitée des individus fortunés ou des multinationales, chez eux ou à l'étranger, a fortement augmenté l'inégalité, la pression en faveur d'un financement public des classes d'actifs SDG menace de renforcer l'inégalité globale (Banse 2020 ; Musthaq 2020).
(c) the financial stability implications of reorganising local financial systems around market-based finance, prioritising the development of capital, repo, and derivative markets. Market-based finance is demonstrably more fragile (Gabor 2018), while the prioritiing of portfolio inflows into local SDG asset classes increases the vulnerability of developing countries to global dollar funding conditions, despite claims to the contrary (Shin 2020). De plus, la mobilisation des ressources domestiques dans des partenariats de financement mondial s'accompagne de marchés financiers locaux plus profonds et plus larges, de la privatisation des systèmes de sécurité sociale/pensions domestiques, et de la fourniture d'infrastructures basées sur le marché, afin de créer une base d'investisseurs domestiques qui agirait de manière contre-cyclique en cas de crise (Banse 2019, Gabor 2018 ; AfdB, IMF, BM 2017). Si cette littérature fournit une critique puissante, en termes d'économie politique, des moyens par lesquels les discours sur le développement mondial cherchent à soutenir et à promouvoir l'accumulation financiarisée, elle n'a pas grand-chose à dire sur la manière dont les modes de développement fondés sur la finance mondiale se sont matérialisés au niveau des pays, sur les contraintes politiques qui y sont liées ou sur les formes alternatives de financement. En comparant les trois pays, le projet examine les raisons historiques, politiques et économiques des diverses formes de financement du développement, pour se tourner ensuite vers les contraintes de l'économie politique derrière les différentes formes de financement du développement.
Méthodologie
Au cours de l'étude préparatoire, un cadre comparatif préliminaire sera élaboré afin de choisir et de justifier les pays africains sélectionnés, qui diffèrent par leurs modes de financement du développement et leurs stratégies d'adaptation aux modèles de financement global/de développement dirigé par le secteur privé.
Ensuite, l'équipe du projet entreprendra une revue de la littérature et mènera des entretiens d'experts avec les acteurs mondiaux/locaux concernés.
Afin d'enraciner la recherche dans une discussion et une pratique à l'échelle du continent, nous organiserons des webinaires avec les participants de l'atelier d'Accra susmentionné, au cours desquels nous discuterons de la conception de la recherche choisie, des questions de recherche, etc.