Mohammad Abu Hajar
Institut
Université de Kassel (UKS, Allemagne)
Cluster de recherche
3 - Partenariat dans la production de connaissances - Eurocentrisme
Superviseur
Titre du projet de thèse
Civic activism in post-2011 Syria and the role of NGOs
Résumé
En mars 2011, des manifestants sont descendus dans les rues de nombreuses villes syriennes pour réclamer la liberté, le pluralisme politique, la fin du monopole du parti Baas et l’abrogation des lois d’urgence (Ismaiel, 2011). Alors que les revendications allaient de plus en plus loin et incluaient désormais la chute du président Assad et de son régime, le mouvement spontané s’est organisé, et le soulèvement a ouvert de nouveaux espaces d’expression aux mouvements sociaux opprimés du pays.
Face à cette évolution, diverses organisations non gouvernementales ont redoublé d’efforts pour se mettre en réseau avec ces mouvements émergents encore jeunes. Alors que les organisations internationales de développement actives en Syrie opéraient dans un vide jusqu’en 2011, le soulèvement a créé des espaces et des lacunes qui ont fait du pays l’un des marchés les plus attractifs pour l’aide financée par le secteur international de l’aide et les organisations non gouvernementales.
Alors qu’en 2011, le travail de ces organisations se concentrait principalement sur le soutien direct à la lutte démocratique et la fourniture d’équipements et de ressources dont les militants avaient besoin pour leur résistance non violente – tels que l’Internet par satellite, des caméras et des ateliers de formation aux méthodes de résistance pacifique –, leur rôle a ensuite évolué, vers le milieu de l’année 2012, pour s’orienter de plus en plus vers l’introduction de catégories relevant du discours postcolonial du « progrès technique ». Des catégories telles que le renforcement des capacités, la bonne gouvernance, la promotion de la paix, l’urbanisme, l’éducation, l’autonomisation – après que l’autonomisation eut été dépouillée de son pouvoir (Baltiwala, 2007) – et la bonne gouvernance ont remplacé l’intérêt initial pour la résistance non violente et une transition pacifique vers la démocratie.
De nombreux chercheurs ont souligné que ce type d’interventions des ONG conduisait à la professionnalisation et à la dépolitisation des mouvements de base ; l’objectif de cette étude est de vérifier la validité de cet argument dans le contexte syrien et d’examiner plus en détail le rôle des ONG internationales dans leur intervention en Syrie.
Bibliographie :
Batliwala, Srilatha. (2007). Taking the power out of empowerment – An experiential account. Deconstructing Development Discourse Buzzwords and Fuzzwords. P. 111-122
Hammami, Rema (1995) «NGOs: the Professionalisation of Politics », Race and Class, 37(2) : 51–63.
Ismaiel, Salwa (2011) : the Syrian Uprising. Imagining and Performing the Nation.
Kamat, Sangeeta (2002) Hégémonie du développement : les ONG et l’État en Inde, New Delhi : Oxford University Press.
Srinivas, Nidhi. (2009) « Against NGOs? A critical perspective on nongovernmental action », Nonprofit and Voluntary Sector Quarterly 38 (4) : 614–26.
Parcours scolaire
- 2014: Master en économie avancée, Université La Sapienza de Rome, Italie, avec un mémoire sur les répercussions économiques de l'immigration sur les économies des pays d'accueil
- 2012: Licence en sciences économiques, Université Hashemite, Jordanie, avec une spécialisation en économie avancée
Expérience professionnelle
- Juin 2016 – mars 2018: chef de projet de l'initiative syro-allemande « Adopt a Revolution », Berlin, Allemagne
- Juin 2012 – mars 2016: Rédacteur chargé des questions politiques, Baladna Radio, Syrie, ainsi qu’en télétravail depuis Rome et Berlin
- Juin 2009 – septembre 2010: comptable, Almansour Trading Company, Tartous, Syrie
Engagement social et politique
- 2005-2011: Membre du « Parti communiste syrien » de Kassioun
- 2009-2011: Membre élu du Comité national syrien pour la réunification des communistes
- 2011-2014: cofondateur du Comité de coordination « Peuple libre de Tartous ».
- 2012–2014: Membre du Bureau révolutionnaire des Comités de coordination locaux en Syrie.
- 2015-2018: cofondateur du réseau « Syrian Nushata’a » à Berlin
- 2008–aujourd’hui: fondateur et producteur du groupe Mazzaj Music Band, Syrie.
- 2016–aujourd’hui: fondateur du groupe Auslanderbehörde Music Band, Berlin
Bourses
- 2010: Festival de théâtre de l'université de Philadelphie : prix du meilleur second rôle.
- 2012: Master Erasmus Mundus
- 2019: Fondation Rosa Luxemburg : bourse complète pour un doctorat
Publications
Almazloumia Kottan w Faran « Victimhood, cat and mouse » – Aljumhuriya, 2020
La guerre des hymnes – Syria untold, 2018
Le problème des chansons neutres, Syria untold, 12/07/2018
Notre sectarisme – pas seulement une création du régime, Open Democracy, 14 juin 2018
Souar Motabainah Lil Mozaharai Fil Urdun, Kassioun, 9 mars 2011
Un communiste syrien seul à Berlin. Frontierenews, 2014
Alshioei waheedan fi Berlin. Aljumhuriya, 2014
Chers militants occidentaux, nous ne voulons pas de votre compassion – frontierenews, 2014
Le spectre revient. Le fascisme en Italie – frontierenews, 2015