Neil Batsirai Maheve

Instituts


Cluster de recherche

3 - Partenariat dans la production de connaissances - Postcolonial

Superviseurs

Prof. Dr Sally Matthews, Université de Rhodes

Prof. Dr Aram Ziai, Université de Kassel


Titre du projet de thèse

Rethinking development and resistance in post-colonial Zimbabwe: the case of the CAMPFIRE project in Dande 1990-2016


Abstract

Depuis le début du XXIe siècle, les pays du Sud minimisent, méprisent et rejettent l’importance du développement « occidentalisé » en tant qu’outil d’émancipation face au carcan socio-économique de la pauvreté et du sous-développement. Cette étude démystifie et remet en question la position dominante accordée au Programme de gestion des zones communales pour les ressources autochtones (CAMPFIRE), un programme de développement présenté comme la seule solution viable pour réguler l’« exploitation » des ressources et améliorer les conditions de vie socio-économiques des populations locales. La conservation de la flore et de la faune en Afrique repose, depuis des temps immémoriaux, sur les savoirs traditionnels. Cependant, cette situation a changé lorsque les pays africains ont accédé à l’autonomie. Dans les années 1980, les défenseurs de l’environnement occidentaux estimaient que les populations locales des pays du Sud détruisaient leur environnement à un rythme alarmant et ont convenu de mettre en place des programmes visant à développer ces populations en tirant parti de leur environnement. Au Zimbabwe, le gouvernement, en collaboration avec diverses ONG, a lancé le programme CAMPFIRE. L’essence même de CAMPFIRE résidait dans le droit de gérer, d’utiliser, de disposer des ressources et d’en tirer profit. En théorie, le programme CAMPFIRE était censé transformer la vie quotidienne des habitants de la zone tampon, mais une fois mis en œuvre, le niveau de vie des habitants d’Angwa s’est détérioré. CAMPFIRE était axé sur la croissance économique, la stabilité et le soulagement des souffrances des populations « sous-développées », mais il n’y est pas parvenu.

Mon étude examine le développement à Dande à l’aide de deux théories apparentées : le post-développement et le postcolonialisme. En tant que discours, le post-développement « rejette l’ensemble du paradigme » du développement et peut être considéré comme une critique fondamentale appelant à des « alternatives au développement ». Le post-développement critique le « développement » pour avoir ignoré les différences culturelles et de valeurs, en partant du principe qu’il n’existe qu’une seule norme selon laquelle les sociétés peuvent être évaluées et classées. La théorie post-développement permet à cette étude d’apporter des perspectives locales nuancées sur le développement (CAMPFIRE), en démystifiant la pensée « économiste » et « réductionniste » en matière de développement ainsi que les pratiques de développement « bureaucratisées ». Cette étude explore les « alternatives au développement » proposées par les mouvements populaires et les communautés qui se réapproprient leur vie dans différents domaines, et contribue aux débats sur le post-développement en Afrique australe, qui ont été largement ignorés. De plus, cette étude s’appuie sur la théorie postcoloniale, qui prône la décolonisation du savoir et la production d’un savoir transformateur. En présentant l’Occident comme peu reconnaissant envers les réalisations passées et les modes de vie traditionnels africains, cette théorie offre une possibilité de nuancer les débats contemporains sur le développement dans les pays du Sud. La pensée postcoloniale propose un éventail de pratiques traditionnelles comme méthodes « alternatives » ou « autochtones » pour remettre en cause le développement occidental biaisé.

En combinant les théories post-développement et postcoloniales, l’accent sera mis sur l’exploration de la manière dont certains aspects des différentes traditions et pratiques expriment l’entrelacement du passé et du présent, de l’autochtone et du non-autochtone, pour donner naissance à des cultures, des identités et des pratiques fructueuses. Plutôt que de proposer un retour nostalgique à des modes de conservation traditionnels utopiques, ces deux théories contribueront à élaborer des alternatives au développement ; cette approche pourrait revêtir une importance considérable dans les études sur le développement. L’interconnexion des théories post-développement et postcoloniales permet d’apporter de nouvelles interprétations du développement et des connaissances sur les alternatives au développement au Zimbabwe et en Afrique australe.


Parcours scolaire et universitaire


Expérience professionnelle

  • Août 2017 - novembre 2019 : responsable culturel au ministère de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture, au Zimbabwe

  • Septembre 2013 - juin 2017 : professeur d'histoire et d'anglais dans l'enseignement secondaire pour le ministère de l'Éducation primaire et secondaire, au Zimbabwe


Publications

  • Review of ‘The challenges of Transfrontier conservation in southern Africa. ASQ volume 19, Issue 3-4(October 2020) http://asq.africa.ufl.edu/current-issue.

  • ‘Kumajahwi ndekweMachawa’, Muslims belong to the wetland’. Spatial contestations in Mvurwi township 1990-2010,  Zimbabwe Historical Association annual conference, Midlands State University, Zvishavane campus July 2019

  • ‘Chivanhu KumaBwidi, A religious history of stone sculpting at Tengenenge Zimbabwe Historical Association annual conference, University of Zimbabwe August 2018.

  • When a culture synonymises poverty’; a social history of the Tembo Mvura 1980-1990. African History Symposium University of Zimbabwe 2017.

 


Activités sociales et politiques

  • Membre du Maidhona Foundation Trust, une organisation non gouvernementale au Zimbabwe